Il n'y a pas plus sourds que ceux qui ne veulent pas entendre...

PRESIDENTIELLE 2022

Tous les parties "sauve qui peut" espèrent se retrouver au 2ème tour… Et ce, quelques soit le prix à payer. Chacun y va a, grand, coup de promesses ubuesques pour se faire élire. Et plus ils donnent dans le populisme, pire c'est. 

Et si on arrêté enfin toute cette mascarade plutôt que d'écouter les vendeurs de promesses qui nous surinent à l'oreille "Macron par ci, Macron par là". Ca changerait, non ?

Pour beaucoup de Français, les jolis mots qui disent la France : « Liberté, Égalité, Fraternité » sont un décor de carton-pâte. Sous l’autorité, tantôt de la gauche, tantôt de la droite, les conditions de vie et d’exercice de la citoyenneté se sont considérablement dégradées, nous plongeant, ainsi, dans une dépression existentielle…

Rien de pire, en effet, que de voir les principes auxquels on croit ouvertement bafoués. Cette gauche et cette droite redécouvrent la nation à l’approche de l’élection présidentielle, mais plus personne ne les croit.

Les deux propositions alternatives des extrêmes ne semblent pas susciter non plus l’engouement. Le RN a fait son miel de l’immigration, puis de la restauration de l’autorité de l’État-nation comme réponse à la déshérence, LFI a décliné une thématique humaniste. Mais aucun des deux n’a fait la preuve d’un fonctionnement démocratique exemplaire ni de cohérence stratégique : pas d’alliance avec qui que ce soit et aucune anticipation sur les confrontations à venir, notamment avec l’UE et l’euro-zone, qui garantirait un peu que leurs promesses puissent être tenues, à l’exception d’un petit jeu tactique dilatoire. Leur posture revient à jouer leur « succès » sur le pourrissement, la désaffection et le vide. La roublardise ne fait pas une bonne politique.

Dans pareille désolation, comment les Français vont-ils pouvoir s’en sortir ?

Á moins de croire au mouvement spontané de la population (jamais exclu mais qui a montré ses limites comme dans le cas des Gilets jaunes et les différentes récupérations qui l'ont suivi), il devient nécessaire de s’adresser aux courageux : ceux qui sont engagés dans l’action citoyenne ou s'y intéresse, qui dans un parti, un syndicat, une association ou dans un mouvement social. Ils sont la cheville ouvrière de toute tentative de renouveau. Mais c’est seulement lorsqu’ils convainquent ceux qui regardent leurs pompes que tout devient possible. Alors le peuple peut tout. Il leur faut donc admettre que personne ne les rejoindra s’ils persistent dans leur solo funèbre.

Toute la question dès lors revient à une seule : comment, déjà, fédérer les courageux ? Est-il possible que s’engagent ensemble des gens aux opinions partisanes disparates, voire carrément opposées ? Tous, préfèrent échouer sur un objectif, pourtant commun, plutôt que se donner la main. C’est là notre tragédie.

Une révolution culturelle s’impose, donc. L’esprit critique est bien plus productif que le comportement de petits soldats en campagne à quoi les réduisent le spectacle médiatique, les chefferies pas du tout à la hauteur de la tâche, préoccupées, uniquement, par leurs intérêts et pas celui du peuple. Cela explique le regain de mobilisation durant les campagnes électorales (par ceux qui convoitent, généralement, la satisfaction de leurs propres intérêts, aussi, en amalgamant les autres) et son évaporation très vite après, comme des particules qui disparaissent lorsque la lumière du projecteur s’éteint.

Il n’est pas inutile d’interroger les conditions d’accès à la connaissance à travers l’instantanéité des poussières d’info et leur zapping permanent, auxquels ont succombé les structures sociales, inclus les réunions des partis où le contradictoire est quasiment absent et le temps de parole d’un intervenant lambda souvent limité à quelques minutes. L’écrivain M. Kundera avait pressenti cette dé-culturation croissante (notamment par les écrans) en préconisant la lenteur comme une position éthique. La lecture, la réflexion, la mise en commun des connaissances demandent du temps et sont des activités éminemment politiques.

Le corps social a besoin de se ressourcer. De faire sienne la formule du Théâtre de l’Opprimé : «  Jeter des ponts plutôt que dresser des murs. » Pas d’annihiler la controverse, ses divergences de fond, ses oppositions légitimes, non ; elles demeureront pour partie. Mais de chercher à voir quel chemin commun tracer ensemble. A-t-on jamais demandé aux Sans-Culottes s’ils étaient de gauche ou de droite ? Comment considérer, alors, ceux qui vous classe d'office, dogmatiquement, dans une catégorie ?

Il s’agit de remettre sur les rails un large mouvement à la fois politique et social qui, peu à peu, rappelle que ces institutions, pour la plupart, existent déjà et qu'il suffit, à ceux qui se sentent oppressés, de les saisir et de les entendre. Il n'y a pas de sujet tabou. L’immigration ? Chiche. Les services publics ? La renationalisation des entreprises stratégiques ? Le développement d’un État plus social ? Les raisons qui ont conduit le peuple français à être évincé du pouvoir ? Celles qui ont conduit la France à s'effacer ? Tout peut favoriser l’esprit démocratique, même l’activité d’associations de quartiers d’intérêt général qui mènent des batailles pour la protection du patrimoine foncier, la récupération de la distribution de l’eau, des services de cantine, la préservation d’un service public, la lutte contre la fermeture d’une entreprise, etc...

Ce chemin, constitué de réflexions et d’actions multiples, il existe ! Encore faut-il que chacun fasse un peu pour lui redonner vie et ne pas faire qu'attendre des solutions clés en main apportée par un Grand Esprit qui, une fois élu, appuierait sur un bouton. Un Grand Ordonnateur. Ou une nouvelle Constitution qui ne serait imaginée que par une nouvelle minorité. Non, un processus pour engager des forces, élargir, convaincre. Un règlement intérieur dans ces institutions devrait interdire tout assaut de sigles, chacun devant avoir l’intelligence de parier sur une dynamique majoritaire vertueuse, de ne pas enrôler ces institutions sous le drapeau d’idées hâtives, faussement objectives, de camps politiques tranchés qui reproduisent le verbe haut pour, à coup sûr, nous faire reprendre le risque de la marginalisation véhémente.

Ainsi, existerait il une chance de mutualiser les moyens de tous (de gauche, de droite et, surtout, d’ailleurs) afin d’atteindre des seuils militants pour exister vraiment sur le terrain. Ainsi, nous pourrions convaincre, aider, prendre les initiatives communes. Un peuple politique se reconstituera alors pour obtenir sa souveraineté nationale et populaire pleine et entière.

Avant qu’elles ne se donnent l’objectif clair du changement, il est probable que des institutions de lutte en restent aux seuls motifs de leur propre existence. Tout l’enjeu est de créer un environnement politique pour que peu à peu s’éclaircisse cette ambition de changement institutionnel en faveur d’une véritable République démocratique et sociale. 

Quelles seraient les modalités d’organisation pour que la société prenne une dimension de masse ?

D’abord, il faudrait qu'un certain état d’esprit se développe parmi les courageux. Que ces derniers finissent pas se persuader qu’à eux seuls, dans leur huis clos partisan de plus en plus marginal, ils n’obtiendront pas la quadrature du cercle. Nous ne sortirons de l’inaptitude stratégique qu’à la condition que chacun comprenne ses insuffisances.

Il est temps, urgent, de sortir de la cour de récréation, de ne pas plus subir sans rien dire les extravagances de quelques groupes, de ne plus assister au délitement de ce qui nous lie les uns et les autres, sous les coups désagrégateurs d'une mondialisation aux conséquences, parfois néfastes pour une Nation. 

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